Actualités

Actualités

img-20260302-wa0021.jpg
Publié le
2026 mars 02

Atelier de formation sur les outils de suivi des tourbières dans le bassin du Congo


Dans un contexte marqué par les enjeux croissants liés au changement climatique et à la préservation des écosystèmes tropicaux, le paysage Lac Télé–Lac Tumba s’impose aujourd’hui comme l’un des territoires les plus stratégiques du Bassin du Congo. Situé à cheval entre la République du Congo et la République démocratique du Congo, cet espace naturel exceptionnel abrite une biodiversité remarquable, composée notamment d’espèces endémiques, tout en constituant un immense réservoir naturel de carbone. Ces caractéristiques en font un acteur clé dans la régulation du climat mondial et dans la protection des équilibres écologiques de la région.

Conscients de l’importance de ce patrimoine naturel, plusieurs partenaires internationaux et institutions nationales se mobilisent pour renforcer sa protection. C’est dans cette dynamique qu’est mis en œuvre le projet intitulé « Sécuriser les réserves cruciales de biodiversité, de carbone et d’eau dans les tourbières du Bassin du Congo grâce à une prise de décision éclairée et une bonne gouvernance », financé par l’Initiative Internationale sur le Climat (IKI). Ce projet vise à accompagner les gouvernements et les différentes parties prenantes dans leurs efforts pour réduire les impacts des changements climatiques et des pressions liées au développement sur la biodiversité, les ressources hydriques et les réserves de carbone.

Au-delà de la simple conservation, l’initiative entend promouvoir une trajectoire de développement durable respectueuse de la biodiversité. Pour y parvenir, elle mise notamment sur l’élaboration de plans d’utilisation des terres intégrés, le renforcement des moyens de subsistance durables pour les populations locales ainsi que sur la mise à disposition d’outils scientifiques et de données fiables permettant de suivre l’évolution des tourbières et des ressources en eau. L’ensemble de ces actions contribue directement à la gestion durable des tourbières du Bassin du Congo, et particulièrement de celles situées en République démocratique du Congo.

Dans le cadre de ce programme, l’axe de travail consacré à l’eau et au climat occupe une place stratégique pour la période 2023-2027. Il prévoit notamment la mise en place d’un système d’aide à la décision hydrologique, l’élaboration d’un plan de gestion des ressources en eau destiné à protéger les tourbières, ainsi que le développement d’un système intégré de suivi de ces écosystèmes fragiles. L’objectif est clair : mieux comprendre les dynamiques hydrologiques des tourbières afin de contribuer à la réduction des émissions de carbone et d’améliorer les capacités d’adaptation face aux effets du changement climatique.

La région, encore relativement peu développée sur le plan industriel, offre par ailleurs une opportunité unique de promouvoir une planification de l’utilisation des terres fondée sur des données scientifiques solides. Grâce à la coopération Sud-Sud et aux initiatives régionales, les pays concernés peuvent ainsi tracer une nouvelle voie vers une gestion durable des tourbières, garantissant à la fois la protection des services écosystémiques essentiels et l’amélioration des conditions de vie des communautés locales.

C’est dans cette perspective qu’un atelier de formation s’est tenu à Kinshasa, dans la commune de la Gombe, du 24 au 27 février 2026. Cette rencontre visait principalement à renforcer les capacités techniques des acteurs nationaux et locaux dans l’utilisation d’outils avancés, notamment les technologies de télédétection, pour assurer un suivi efficace des tourbières.

L’atelier poursuivait plusieurs objectifs spécifiques. Il s’agissait, tout d’abord, d’approfondir la compréhension des participants sur l’importance du suivi des tourbières dans les stratégies d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Les sessions de formation visaient également à familiariser les participants avec les différentes couches de données relatives aux tourbières ainsi qu’avec les plateformes de télédétection, notamment l’outil SEPAL développé par la FAO, afin d’améliorer les capacités de suivi et d’analyse des écosystèmes.

Les participants ont également été formés aux techniques d’accès, de traitement et d’analyse des données environnementales, qu’elles soient d’origine mondiale ou locale. Une attention particulière a été accordée à l’intégration des données issues de la télédétection avec les observations réalisées sur le terrain, une approche essentielle pour renforcer la précision et la fiabilité des systèmes de suivi des tourbières.

Au-delà des aspects techniques, l’atelier a également constitué un espace d’échanges et de concertation entre les différentes parties prenantes. Les discussions collaboratives ont permis d’explorer les synergies possibles entre les outils de suivi existants et les projets déjà en cours dans la région, tout en favorisant le partage d’expériences et de connaissances entre institutions nationales, organisations de recherche et acteurs de la société civile.

À l’issue de la formation, les participants devraient être en mesure d’utiliser plus efficacement les outils de télédétection pour le suivi des tourbières. Ils disposeront également de compétences renforcées pour exploiter les plateformes d’analyse de données telles que SEPAL, facilitant ainsi l’accès aux informations nécessaires à la prise de décision.

Par ailleurs, l’atelier a permis d’initier une dynamique de collaboration durable entre les différents acteurs impliqués dans la conservation des tourbières. Les participants auront désormais accès à un réseau de soutien continu, comprenant notamment l’équipe de coaching de la FAO ainsi qu’une communauté de pratique en ligne dédiée au partage d’expériences et d’expertises.

La rencontre a réuni un large éventail d’acteurs engagés dans la conservation de l’environnement et l’action climatique dans le Bassin du Congo. Parmi eux figuraient des fonctionnaires des institutions nationales chargées de la gestion de l’environnement et de l’aménagement du territoire, des techniciens issus de différents ministères impliqués dans le suivi des forêts et des tourbières, des représentants d’institutions de recherche, d’organisations non gouvernementales, ainsi que des étudiants.

Une attention particulière a également été portée à la promotion de l’égalité de participation, avec un encouragement explicite à la participation des femmes, dans le but de favoriser une représentation équilibrée des genres dans les initiatives de conservation et de gestion durable des ressources naturelles.

À travers cette initiative, les partenaires du projet réaffirment leur engagement en faveur d’une meilleure connaissance scientifique des tourbières du Bassin du Congo et d’une gouvernance environnementale fondée sur des données fiables, condition indispensable pour préserver ces écosystèmes essentiels pour la planète.

img-20260302-wa0021.jpg
Publié le
2026 mars 02

Pièces jointes (1)